La percée de Dobro Pole - Première Guerre mondiale

Le plan d’une percée du front commença à être préparé en juin, lorsque le général français Louis Franchet d’Espèrey fut nommé commandant de l’armée de l’Orient (armées alliées du front macédonien).

The breakthrough at Dobro Pole – First World War

Après l’observation de l’ensemble du front et les recommandations du chef d’état-major du Haut commandement de l’Armée serbe, Živojin Mišić, l’idée d’une offensive sur l’ensemble du front macédonien est née. Les renseignements reçus sur l’armée bulgare ont aidé la prise de décision définitive : l’armée bulgare se trouvait avec un moral bas à cause notamment aux longs combats (depuis 1912, lors des Guerres balkaniques), et à cause de l’attitude de l’Allemagne vis-à-vis de la Bulgarie, qui la traitait d’inférieure- en prenant des grandes quantités de nourriture du pays sans se soucier de la population locale et de l’armée.

La décision était de faire une offensive sur le massif montagneux de Meglen, dans la partie de Dobro Pole, sur le tronçon entre les rivières Lechnitsa (à l’ouest) et Souchitsa (à l’est).

Dobro Pole est choisi pour plusieurs raisons : d’abord, parce que personne ne s’attendait à une attaque sur ce terrain difficile et inaccessible, où les Empires centraux gardaient moins d’artillerie. La position principale, la position intermédiaire et la position de réserve étaient mal fortifiées, les forces de réserve étaient restées en arrière et les voies d’approvisionnement en forces et en munition étaient difficilement accessibles.

Avec la percée sur ce terrain, l’armée bulgare devrait se briser en deux. Ce qui pousserait la première armée de se retirer de la partie Vardar- lac de Doïran- vallée de la rivière Strouma.

Le coup principal devait être porté par l'armée serbe (6 divisions d'infanterie et 1 division de cavalerie) avec le soutien de deux divisions d'infanterie françaises. Le but était de faire la percée et d'atteindre ainsi la région de Negotino-Krivolak-Gradsko et de séparer la 11e armée allemande et la 1ère armée bulgare. La gare de Gradsko était un carrefour et les principaux dépôts de nourriture et de munitions de la 11e armée allemande et de la 1ère armée bulgare se trouvaient ici.
Trois jours après la percée, l'offensive sur la partie entre le fleuve Vardar et le lac Doïranaurait dû commencer, tandis que l'offensive dans la région de Bitola aurait dû démarrer 9 jours après la percée de Dobro Pole. Selon le plan, l'armée alliée était placée sur deux rangées, afin qu'après avoir franchi le front, la première rangée de l'armée cède la place à la deuxième rangée, qui continuerait immédiatement la percée avec des forces fraîches et reposées dans le but d’empêcher la consolidation de la défense bulgare La distance entre les positions des premières tranchées des armées alliées et de l'armée bulgare était de 40 à 350 mètres.
Le quartier général opérationnel de l'armée serbe commandée par le voïvode Mišić était stationné au sommet de Floka, situé entre Kajmaktchalan et Dobro Pole, d'où il surveillait le front. L'attaque principale devait avoir lieu du côté de la deuxième armée. Étant donné que Dobro Pole est à une altitude de plus de 1800 mètres, la décision a été de lancer une offensive lorsque des conditions météorologiques favorables le permettrait. Le 14 septembre 1918, aux petites heures du matin, il y eut un épais brouillard, surtout dans la région de Dobro Pole et sur les sommets environnants. En peu de temps, le brouillard se leva vers le nord et la zone fut complètement dégagée.
À 18 h 15, Duke Mišić a envoyé un message crypté aux commandants des unités : « Mettez 14 officiers et 8 soldats » ce qui signifiait que l'offensive commencerait le 14 septembre à 08 heures.
À 8 heures, 533 pièces d'artillerie des Alliés ont commencé à agir dans la position principale de l'armée bulgare, détruisant les barbelés, les observatoires, et surtout les tranchées. Le feu a ensuite été transféré vers des nids de mitrailleuses et des abris entre les premières et deuxièmes rangées de tranchées bulgares. Alors que l'essentiel de l'artillerie continue à opérer en profondeur des positions bulgares, un petit nombre continue de bombarder la première ligne de tranchées pour empêcher leur rétablissement. L'artillerie lourde agit sur l'artillerie bulgare pour la neutraliser.
Vers midi, les troupes alliées se sont dirigés des abris vers les premières tranchées et se sont préparées à attaquer du côté de la deuxième armée serbe. Les bombardements ont été interrompus dans l'intention de dégager la zone de la fumée et de la poussière et pour voir les résultats des bombardements. La reconnaissance aérienne a révélé que les résultats des bombardements n’étaient pas tout à fait satisfaisants. Par conséquent, les bombardements se sont poursuivis jusqu’à tard dans la nuit. Le 15 septembre, le bombardement a continué à partir de 4 h, suite à quoi l'attaque d'infanterie a commencé à 05h30.
Grâce aux lourds bombardements, qui ont détruit une grande partie des fortifications des positions bulgares et à la supériorité numérique des armées alliées, les premières positions de la défense bulgare ont progressivement commencé à tomber. L’armée bulgare a tenté avec des contre-attaques de reprendre les positions perdues, mais avec l’entrée de nouvelles forces de la division de Timok et de la division yougoslave, le front a été progressivement percé, tout d’abord autour de la rivière de Dobro Pole et ensuite à Dobro Pole aussi. Vers 20h 30, le 15 septembre, le 148erégiment d’infanterie colonial de la 122e division a pris aussi le sommet Sokol,à la suite de quoi, toute la position principale des tranchées bulgares était dans les mains de la deuxième armée serbe. Ainsi, la percée de la défense bulgare, avec 14 km de largeur et 3-4 km de profondeur, a forcé les Bulgares à se retirer vers le nord.
Le 16 septembre les positions de réserve de l’armée bulgare ont été prises aussi. Jusqu'à la fin du jour, la percée du front avait une largeur de 25 km et une profondeur de 10 à 12 km.
Avec le repliement de l’armée bulgare, les alliées ne se sont pas arrêtés. L’armée serbe a continué à avancer avec une intensité non diminuée. Franchet d'Espèrey a demandé au voïvode Mišić que l’armée serbe ralentit la progression afin que la logistique et l’artillerie de l’armée française puissent suivre l’armée serbe. Mišić a répondu qu’ils n’arrêteraient pas jusqu'à ce qu’ils n’arrivent à Belgrade.
Le 18 et le 19 septembre, l’armée britannique, aidée par deux divisions grecques, a commencé l’offensive de la 9e division de Pleven, près de Doïran. Même si l’offensive dans cette partie était un échec, elle a quand même atteint son but qui était d’empêcher la 9e division de se regrouper et de donner son soutien contre la percée à Dobro Pole.
Le 29 septembre, à 23 heures, la délégation bulgare a signé à Thessalonique sa capitulation, qui est entrée en vigueur le 30 septembre 1918 à midi.
La percée de Dobro Pole est considérée comme le point de départ de la fin de la Première Guerre mondiale.

The breakthrough at Dobro Pole – First World War

Monument à Dobro Pole

En septembre 1938, à l’initiative de Louis Cordier, un monument est érigé dans Dobro Pole pour marquer le 20e anniversaire de la percée du front macédonien. Le monument a été réalisé par l’artiste et sculpteur français Marcel Canguilhem (1895-1949) qui a participé à la percée où il a perdu sa main droite. Marcel était connu en France sous son nom d’artiste « Cel-le-Gaucher ». La date exacte de la disparition du monument n’est pas connue.

Monument on Dobro Pole
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